Le mois des morts

Le mois des morts, je me rappelle encore de ça. Quand j’étais petit on appelait le mois de novembre le mois des morts.

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Les morts m’ont toujours fait peur. Un peu moins depuis 2007 quand j’ai vu de mes ancêtres maternels sur une vieille photo.

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Pourquoi les gens se rappelent-ils des morts? Montent des arbres généalogiques? Prennent des photos de pierres tombales par milliers, par dizaines de milliers, voire des centaines de milliers, puis les partagent sur Find A Grave. 

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Pourquoi ce besoin si pressant de tant partager sur Internet?

Le mois de novembre était jadis pour se souvenir d’êtres chers disparus, même ceux qu’on ne peut identifier sur d’anciennes photos.

Identifier des gens est devenu pour moi une sorte de passe-temps passionnant, tout comme écrire sur eux.

Toutes ces personne sont maintenant disparues.

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La première en ligne c’est Bertha Lagasse, c’est la nièce de mon grand-père qui a commencé à me parler…

Je suis certain que mon grand-père a dû la voir en allant dire au revoir à son frère en 1907 quand il a quitté le Connecticut pour revenir au Québec.

Je ne sais pas qui est derrière Bertha. Derrière l’inconnu on voit Ida Lagasse, puis son frère Levi Napoleon. C’est Dennis Lagasse, le petit-fils de Levi Napoleon, qui a fait revivre mes ancêtres sans le savoir en 2011. Il avait partagé une centaine de vieilles photos dont celle de mon arrière-grand-père Stanislas.

Dennis Lagasse II

La semaine dernière, je crois avoir trouvé d’autres petits cousins: Henry Anthony Dubé et sa  soeur Anna Dubé. Je travaille sur la famille Dubé depuis fort longtemps. Henry est né en septembre 1901. Il pourrait être sur cette vieille photo. Le petit garçon semble avoir un an gros max.

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Je suis presque certain à 100 % qu’Eugène Dubé et Lillie Lagasse, la soeur de mon grand-père,  sont sur cette photo. Ils étaient les parents d’Henry Anthony Dubé. Je le sais parce que Henry Anthony était dans mon arbre familial depuis 2010.

Henry Anthony Dubé

Henry serait aussi sur plusieurs photos de la collection de mon petit cousin Dennis.

La fiche d’Henry est une des 48 000 fiches dans mon arbre familial sur Ancestry. La petite fille serait soit Lillian ou Anna. Sur la photo ma grand-tante Lillie serait enceinte d’Eva née en 1903.

Voici Eva Dubé avec sa best friend Marion Ellis.

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J’ai trouvé cette photo d’Eva grâce à un indice sur Ancestry. Eva Dubé avait marié Edgar Douglas Hamilton. Ça je le savais, mais je n’avais pas fait le lien avec Marion Ellis sa meilleure amie.

Du moins je crois…

Eva Dubé

Je pourrais me tromper complètement sur l’identité d’Henry Anthony, de Lillian ou d’Anna, et aussi des parents sur cette photo que j’ai depuis 2009.

Sauf que je continue à chercher, à partager et à me souvenir.

Eva Dubé montage

 

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Mon grand-papa et l’exode des Canadiens français

Je n’aurais jamais écrit Nos ancêtres et Nos ancêtres II si mon grand-père m’avait parlé, encore moins sur l’exode des Canadiens français.

Grand-papa, parle-moi lorsque tu es parti là-bas aux États quand tu avais à peine un an…

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6 juin 1888 – 1er janvier 1964

Mon grand-père ne m’a jamais parlé une seule fois si ma mémoire est fidèle. Il n’avait probablement jamais parlé à mon père de sa famille au Connecticut qu’il avait laissée vers 1907, ni de sa nièce Bertha Lagasse qui avait marié William Edward Austin le 16 novembre 1921.

16 novembre 1921

En tout cas, mon grand-père n’est pas sur cette photo.

Je pense qu’après la mort de sa mère Henriette le 18 septembre 1907, mon grand-père avait quitté sa famille pour faire sa vie et retourner vivre au Québec, puis aller travailler dans une manufacture de vêtements à St-Hyacinthe…

Du moins c’est là que je l’ai retrouvé il y a dix ans dans le recensement de 1911.

Tout ce que mon père savait de son père Léo Senior, mais ne me l’avait jamais dit et que je l’ai découvert tout seul, c’était que son père avait été assez riche dans les années 20, mais qu’il avait tout perdu au jeu. Mon père devait aussi ignorer que mon grand-père avait déjà été marié en 1912 à Maria Landry et que son beau-frère Omer Landry l’avait sacré dehors à cause de son comportement dans les années 20…

Léo Senior, le gars de party comme on l’appelait dans les années 20 à Acton Vale, a refait sa vie à Montréal, puis a refait fortune pour tout reperdre au jeu.

Mon père est mort à 69 ans le 27 août 1995 et ne m’a jamais parlé de la famille de son père aux États.

Mon grand-père est mort le 1er janvier 1964.

Il avait 74 ans. Moi je venais tout juste d’avoir mes 14 ans. Aucun souvenir de son enterrement, encore moins de souvenir de l’annonce de son décès par mon père au Jour de l’An. Faut dire que la fin de l’année 1963 avait été une annus horribilis dans notre famille, surtout en novembre… L’assassinat du président Kennedy, l’écrasement d’un DC-8 à Sainte-Thérèse, puis la dépression de ma mère qui ne la quitterait jamais. 

En fait, la dépression de ma mère fut une succession de mortalités qui avait débuté le 4 février 1955 avec le décès de sa mère Rosina Quesnel, puis de sa demi-soeur Louise Paiement le 2 mars 1955, puis le décès de sa soeur Claire le 15 juillet 1960, de sa belle-mère Juliette Métayer le 20 mai 1962, finalement de son beau-frère Marcel Lagacé le 6 mars 1963. La mortalité de ma grand-mère Rosina je m’en rappelle comme si c’était hier même si je n’avais que six ans. Je vous ai tout écrit ça sur Nos ancêtres

Alors pas besoin de tout récrire ici.

Donc puisque mon grand-père paternel ne parlait pas, j’ai donc dû tout trouver de ses ancêtres, puis de sa famille au Connecticut. Et j’en ai trouvé des choses en ti-pépère depuis 2009…

Ça aurait été donc plus facile si mon grand-père m’avait parlé de sa famille le 24 décembre 1963…

— Bon assis-toi ici mon petit Pierre, ça va être long en ti-pépère mon histoire. Ma famille est partie deux fois pour les États. En premier, en 1862, au Vermont, puis ensuite en 1889 pour le Connecticut. Back and forth comme beaucoup de Canadiens français…

— Le Vermont et le Connecticut… comme au Monopoly grand-papa?

— Ouin mettons… Je suis né à Notre-Dame-des-Anges dans  le  beau comté de Missiquoi le 6 juin 1888. J’étais le dernier d’une famille de 13 enfants.

— Vous aviez des grosses familles dans ce temps-là grand-papa!

— C’est pour ça qu’on est parti mon petit Pierre, pour fuir la misère. Les terres étaient rares et s’appauvrissaient, puis on venait de manger une volée avec la révolte des Patriotes. Mes parents ont émigré au Vermont après leur mariage en 1862. Mon père Stanislas travaillait comme scieur de bois dans une scierie à Winooski. C’est là en 1863 que mon frère aîné Antoine est né, tout comme mon autre frère Stanislas en 1864. Puis il y a eu les naissances de Marguerite en 1868, Lillie en 1875, Malvina en 1877, et mon frère Adélard le 2 décembre 1879 à Colchester. Ces enfant-là sont tous nés au Vermont.

— 2 décembre… Tiens un Capricorne comme moi!

D’autres enfants sont morts jeunes. De mémoire, il y avait David né le 24 octobre 1869 qui est mort à 4 ans. Angélique est née en 1871 et est morte en 1872. Odila née le 25 avril n’a vécu que deux jours. Jean-Baptiste est le 2 octobre 1872 et est mort en 1876. Joseph Aldéi est né le 24 novembre 1883 et est mort à 14 ans, et une petite sœur morte-née le 9 avril 1886.

Moi je suis né le 6 juin 1888…

Comme la date du débarquement de Normandie!

… Mes deux grands frères Antoine et Stanislas étaient déjà mariés quand je suis né en 1888. Antoine avec Délia Bertrand et Stanislas avec Amanda Ménard. Ils se sont mariés la même journée. C’était le 11 janvier 1887 à Notre-Dame-des-Anges dans le comté de Missisquoi. Si ma mère Henriette a assisté au mariage de ses deux fils, alors moi j’étais tout petit dans son ventre…

Mon père Stanislas Lagassée s’était marié le 7 janvier 1862 à Henryville avec Henriette Alexandre, fille de David Alexandre et Marguerite Marchand. Mon grand-père s’appelait aussi Stanislas. Il était né le 16 février 1816 à Kamouraska. Il y a donc eu trois Stanislas mon petit Pierre…

Ça fait beaucoup de Stanislas… Stanislas I, Stanislas II et Stanislas III.

— En fait, il y en a eu quatre: Dennis I, Dennis II, Dennis III et Dennis IV. Et ils ont tous changé leurs prénoms en Dennis, sauf le dernier Dennis qui ignorait tout de ses ancêtres.

Là, mon grand-père sentait que mon regard fuyait un ti-peu…

Tiens, attends-moi deux petites secondes, car j’ai une tite photo à te montrer prise en 1914. C’est la famille de mon grand frère Stanislas III qui se faisait appeler Dennis Lagassey… Une belle petite famille de 12 enfants.

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Collection Dennis Lagasse IV

Veux-tu connaître leurs noms?

C’est compliqué de retrouver nos ancêtres quand les gens qui émigraient aux États-Unis changeaient leurs noms pour mieux s’intégrer… Lagace, Legace, Lagasse, Lagassee, LeGace, et même Lagassa…

Bon assez pour aujourd’hui. On continuera au Jour de l’An.

 

Je me demande…

Si mon grand-père m’avait raconté tout ça quand j’allais avoir 14 ans, est-ce que j’aurais eu la piqûre pour la généalogie?

Demain, 1er novembre, c’est la Toussaint, puis le 2, c’est la Commémoration des fidèles défunts.

Unknown couple

Pierre Zéphirin Germain, forgeron

Il y a des recherches d’ancêtres qui commencent et n’aboutissent jamais et d’autres qui ne connaîtront jamais de fin sur Nos ancêtres.

La preuve c’est que je suis maintenant à écrire un 426e billet sur Nos ancêtres II.

Je partage mes recherches d’ancêtres depuis plus de 10 ans, car je sais tout le plaisir de retrouver enfin de la famille éloignée, même au risque de décevoir un ami de collège.

On voit ici Henri Germain avec sa femme Minnie Yantz et trois de leurs filles: Lottie, Gertrude et Mary.

À moins que l’homme au cigare soit le mari de Mary?

Pas grave, on cherche…

Je fais revivre vos ancêtres éloignés à partir de photos anciennes que je retrouve ici et là au fil de mes recherches. Celle-là a été prise sur le site Ancestry tout comme la photo de Pierre Zéphirin qui est devenu Peter Germain une fois émigré aux États.

Cette recherche a commencé avec la recherche de ma petite cousine Bertha Lagasse, la nièce de mon grand-père Léo que j’appelle affectueusement le gars de party.

J’étais tout fier d’apprendre la vie secrète de mon grand-père Léo Lagacé Senior en 2009 de la bouche du neveu de sa première femme Maria Landry. Imaginez un peu ma surprise d’apprendre que son père Omer avait sacré dehors son beau-frère Léo parce qu’il…

Bon personne n’est parfait…

Tout est expliqué sur Nos ancêtres. Vous avez juste à fouiller parmi plus de 1400 billets.

Bertha c’est elle sur une photo de famille.

La photo de famille a été partagée en 2009 par un petit cousin éloigné qui a cessé de m’écrire. Je cherche encore pourquoi d’ailleurs…

Win some, lose some comme on dit en anglais.

À bientôt…

Mettre les freins…

J’aurais dû aller moins vite…

On vient de dépasser Zéphirin Germain! 

Bien quoi, on n’est plus cousins?

Eh non! C’était un autre Zéphirin Germain, fils de François Germain dit Langlois et Élisabeth Chamberlain (Chamberland). L’histoire de cette famille se continuera question de mettre en ligne toute ma recherche afin qu’elle serve à quelqu’un d’autre. Une chance que je n’ai encore rien écrit sur Our Ancestors et faire rire de moi.

Faut dire que ça rit pas mal jaune aux États depuis novembre 2016.

 

 

Histoire de famille – La famille d’Henry Germaine

Cliquez…

La source de ceci est en cliquant…

L’exode des Canadiens français aux États-Unis

De 1840 à 1930, près d’un million de Canadiens français ont émigré vers les États-Unis. À l’origine de ce drame national, un peuple d’agriculteurs pauvre et soumis à la tutelle coloniale anglaise qui n’a accès ni aux connaissances, ni au crédit pour moderniser ses exploitations.

Les choix économiques de la Grande-Bretagne, puis du Canada consistent alors à favoriser le grand commerce, les compagnies ferroviaires et les banques, en dépit des besoins criants en agriculture. Réduit à la survivance, plusieurs Québécois font donc le choix de l’exil au nord-est des États-Unis où les industries textiles et forestières sont prêtes à les embaucher.

Si l’émigration est d’abord individuelle et temporaire, elle devient familiale et permanente à compter de 1865 et la fin de la guerre civile américaine. Des communautés appelées « Petits Canada » naissent alors autour d’une paroisse, d’une église, puis d’une école française. Les élites québécoises dénoncent bien sûr avec vigueur ceux prenant le chemin de l’exil, mais bientôt elles-mêmes accompagnent les migrants pour les aider conserver leur culture, en fondant des associations et des journaux français.

Si la première génération demeure généralement solidaire pour conserver ses usages, dès la seconde génération on tend à se noyer au « melting pot » américain. Plusieurs traditions québécoises se perpétuent donc en Nouvelle-Angleterre, mais en anglais seulement. Les descendants de ces exilés représentent aujourd’hui une dizaine de millions d’individus ayant contribué à la prospérité des États-Unis. Ils nous rappellent l’ampleur de ce drame national et la terrible fragilité du français en Amérique.

Yolande Lavoie, L’émigration des Québécois aux États-Unis de 1840 à 1930, Québec, Éditeur officiel du Québec, 1981.

On va suivre ça…

La famille d’Henri Germain

À suivre…

L’histoire commence ici…

Belonia (Belona, Balonia, etc.–many different spellings) was born in St. Charles 31 July 1838. About 1868 he married Rebecca Phillips, daughter of Solomon and Susan (Sherman) Phillips. In 1870 he and his wife and child were living with his mother and step-father. By 1880 the family had moved to Huntington, Vermont, where he lived the rest of his life. He died there 28 September 1916. He is the only child of Amable and Elizabeth for whom I could not find a baptismal record in the St. Charles-sur-Richelieu parish records. His Vermont death record lists his parents as Amos and Elizabeth (Belisle) Benoit.

Les débuts de la poste aérienne

La photo de l’avion a sans doute un lien.

Juin 2011 St-Vianney et famille 694.JPG

Le blogue de Bibliothèque et Archives Canada

Par Dalton Campbell

Le 25 décembre 1927, un avion Fairchild survolait la rive nord du Saint-Laurent, de La Malbaie à Sept-Îles (Québec). Chaque fois que l’avion s’approchait d’une collectivité, le pilote faisait descendre son avion et laissait tomber un paquet rempli de courrier attaché à un parachute. Le maître de poste récupérait le parachute et le courrier postal pendant que le pilote poursuivait son vol vers la municipalité suivante.

Il s’agissait de la première livraison officielle par poste aérienne effectuée par le ministère des Postes afin de desservir les collectivités sises le long de la rive nord du Québec. En hiver, ces municipalités — comme bien d’autres ailleurs au Canada — étaient auparavant isolées et recevaient le courrier sur une base irrégulière, après un transport plutôt lent par bateau ou traîneau à chiens.

Une photographie en noir et blanc d’un groupe d’hommes debout devant un avion monomoteur. Les hommes sont placés en demi-cercle autour de nombreux sacs de courrier empilés sur le sol. Pilote renomé Roméo Vachon devant les portes de l’avion Fairchild FC-2W de la Canadian Transcontinental Airways Ltd. lors de l’inauguration du service postal aérien entre Montréal et…

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