La famille Bourbonnais

Je suis relié de très loin à cette famille. J’étais donc fort intéressé par un message laissé cette semaine sur Ancestry.

Bon matin,

J’aimerais bien si vous pourriez partager la photo d’Amable Bourbonnais et de Marguerite Leduc qui est malheureusement privée afin que je puisse l’intégrer à mon arbre. Je ne le garde pas en ligne mais j’utilise plutôt le logiciel LEGACY.

En retour je pourrais partager mes informations sur la lignée de leur fils Michel Bourbonnais et Flavie Sauvé dit Laplante qui ont immigré dans l’est-ontarien. J’habite d’ailleurs cette région. Ma grand-mère, Hauviette Bourbonnais, leur arrière-petite-fille, nous a partagé un grand amour pour la nature. Son savoir des plantes médicinales venait de son père, Lorenzo Bourbonnais, lui-même amateur des grands espaces. Son savoir venait aussi de ses parents…

Au plaisir de partager plus d’information,

Christine.

Moi le partage ça me connaît depuis janvier 2008 sur mon blogue Nos ancêtres. J’ai tellement partagé que j’ai dû, faute d’espace, émigré sur Nos ancêtres II. 

Nos ancêtres II c’est pour vous permettre d’écrire à ma place, car j’ai vraiment trop écrit sur mes ancêtres et qu’à la longue je risque de vous ennuyer à mourir…

J’ai offert à Christine de partager et elle a accepté.


Ainsi, tel que prévu voici le dernier recensement (1851) sur laquelle leur fils Michel, son épouse Flavie Sauvé dit Laplante ainsi que leurs enfants sont énumérés au Québec.

Les prochains recensements de cette famille sont en Ontario dans le comté de Russell. Les descendants habitent encore pour la plupart dans cette même région à part quelques-uns éparpillés aux États et dans l’Ouest.

Ma lignée:
François-Xavier épouse à Embrun Ontario, Délina Charlebois le 22 février 1876
Lorenzo épouse Marie-Anne Germain dit Bélisle à Marionville Ontario, le 1 juillet 1913
Hauviette épouse Adrien Landry à Embrun Ontario, le 18 avril 1944

Je vous envoie une photo particulièrement aimé. On y trouve leurs petit-fils Lorenzo Bourbonnais et Maxime Millaire.

La photo a été prise chez Maxime Millaire à Embrun. De gauche à droite: Lorenzo Boubonnais, Gabrian Bourbonnais, Conrad Loiselle, Lucien Maheu, Jos Bourbonnais, Maxime Millaire, Béllé Martel, Trefflé Bastien. (date inconnue)

Maxime Millaire est le cousin de Lorenzo puisque sa mère est Joséphine Bourbonnais fille de Michel et Flavie. Joséphine Bourbonnais avait épousé Maxime Millaire, père, à Embrun 8 juin 1874. Gabrian (nommé aussi Gaby) et Jos Bourbonnais étaient les fils de Lorenzo et Marie-Anne.

Les gens des environs du village d’Embrun avaient leur routine de partir pour la chasse à l’automne dans le nord de l’Ontario vers Bessett. Ils ramenaient, plusieurs semaines plus tard, de la viande sauvage puis des canneberges qu’on appelait des atocas. Les vieilles familles ont encore des terrains de chasse / chalets dans ce coin-là.

Petite, ma grand-mère Hauviette racontait, qu’elle partait à pied avec son père l’hiver lever les collets. Son père avait des contrats pour des restaurants de Montréal et envoyait par train ses lièvres. Bien que ma grand-mère n’ait plus chassé après son mariage en 1944 puisqu’elle a donné naissance à 17 enfants, elle a tout de même montré aux derniers à installer des collets. Claudette, l’avant-dernière, raconte comment ils se levaient tôt le matin avant de partir pour l’école pour aller lever leurs collets. Ils revenaient à la maison excités de montrer leur récolte. Elle était si bonne que ma grand-mère leur a dit que s’ils voulaient continuer à installer leurs collets, ils devaient apprêter leurs lièvres pour les repas. Sa demande a aidé à diminuer leur chasse aux lièvres.

Bonne lecture

Christine

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24 février 1912

Dernièrement, un de mes plus fidèles lecteurs m’avait laissé ce commentaire…

Ne resterait-il presque plus d’encre dans l’encrier mémoriel?
Retrempes-y ta plume mon Chichille, deux fois plutôt qu’une. Ta cohorte de lectrices et de lecteurs est suspendue à tes lèvres généalogiques.

Je n’ai pas besoin de défi pour retremper ma plume…

 

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Collection Lise-Andrée Morin

Georgianna Fricot est décédée le 24 février 1912. Elle est l’arrière-arrière-grand-mère de François qui m’avait laissé un message sur Ancestry…

Cléophas Beaudoin était mon arrière-arrière-grand-père,  je voulais savoir si c’était possible d’avoir accès à vos fichiers.

Merci.

François

 

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Je ne laisse jamais de message sans réponse, surtout que le nom de Cléophas Beaudoin me disait de quoi.

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Collection Lise-Andrée Morin

À suivre…

Le temps file…

Mes écrits se font plutôt rares. Presque 1800 billets écrits sur Nos ancêtres et Nos ancêtres II. Près de 700 000 visites, et aucune redevance de WordPress. Le pur plaisir de partager mes vieilles photos et de partager les vôtres depuis 2008.

photo de groupe famille Beaudoin

Collection Lise-Andrée Morin

Je n’avais pas eu de nouvelles de Lise-Andrée depuis des lunes. Hier elle m’a écrit deux fois. Elle ne fut pas la seule…

C’est comme si l’esprit de nos ancêtres se manifestait.

Georgina Fricot la mère de grand-maman Alvine

Collection Lise-Andrée Morin

Écrivez-moi…

Guillaume Couillard

Cher Monsieur,

Nous avons eu un petit contact en 2014 au sujet de Guillaume Couillard.

Depuis, j’ai un peu étudié le sujet et j’en ai fait une courte synthèse de 2 pages illustrées que j’ai fait paraître dans l’édition 2015 du bulletin annuel de l’Association des Descendants de la Famille de Jacques Cartier et de ses Compagnons (ADFJCC), dont je fais partie.
Vous la trouverez en pièce jointe. Je serais intéressé par votre avis
sur le contenu de ce document.

Selon les sources (Wikipedia et publications diverses), les origines de Guillaume Couillard sont différentes (année et lieu de naissance). Ce pendant, le baptême d’un Guillaume Couillard est mentionné dans le registre paroissial de Saint-Servan (voisine de Saint-Malo) en 1588, ce qui semble lever le doute.

Par ailleurs, j’ai aussi fait une petite synthèse des différentes statues de Jacques Cartier que l’on peut voir au Canada, à Saint-Malo et à Paris, ainsi qu’un récapitulatif des différentes croix de Gaspé ayant existé. Ce n’est peut-être pas absolument complet, et ces textes peuvent encore être enrichis.
Si cela vous intéresse, je pourrai vous les faire parvenir.

Bien cordialement.
Yves-Malo Ploton

ADFJCC – Extrait du Bulletin 2015 – Guillaume Couillard

Si vous avez des commentaires, écrivez-moi.

 

Qui se souvient d’Amédé Ardouin?

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Moi et une de mes lectrices…

Bonjour Pierre,

J’ai lu avec intérêt (comme chaque fois) votre billet de ce matin. Merci pour vos textes que j’ai toujours plaisir à lire le matin.

Amédé était peut-être le descendant /ou le descendant des esclaves d’Etienne Ardouin, petit-fils d’Étienne Boutron Major, parti à la suite de son oncle, Guillaume Etienne déjà installé en Louisiane, après avoir séjourné comme lui, à Détroit.

Il existe même en Louisiane un coin appelé Ardoin’s Cove :

http://files.usgwarchives.net/la/jeffersondavis/history/commun.txt

En espérant que vous y trouverez aussi intérêt, je vous souhaite une bonne journée,

Ruth

 

Ce qu’on trouve sur le lien…

ARDOIN’S COVE

This is a farming community almost due south of Welsh, named for
the Ardoin family.

Most of the Ardoin families in Louisiana probably descend from the
French-Canadian Etienne Ardouin of Montreal, and his wife Marie-
Josephe LaPointe. The couple first settled in Detroit in the early
1770s, where three of their children were born. Sometime later, the
family moved down the Mississippi River to the Illinois country.
From there Etienne moved again, this time down river to Pointe
Coupée, arriving in the early 1780s.

At least one of the couple’s sons François, moved with his wife
Louise Quebédeaux, into the St. Landry Parish area and produced a
brood of eight boys and seven girls. By the 1870s, 20 families,
sons and grandsons of François, comprised practically the entire
Ardoin clan in St. Landry and Evangeline parishes.

During the late 1880s and 1890s, several Ardoin families left the
Ville Platte and Eunice areas to settle around Iota in Acadia
Parish and near Jennings, Welsh and Lacassine in Jefferson Davis.
The boom in rice cultivation in southwestern Louisiana was just
beginning, and it is likely that these families moved to take
advantage of it. In 1889, two Ardoin brothers had 60 acres of rice
ready for harvest near Welsh. By 1896, there were five Ardoin
families in Lacassine, three in Welsh, and a few others along Bayou
Serpent, Bayou Chine, and Liberty Ridge farther north.

Qui se souvient d’Amédé?

Wikipedia… en anglais

Wikipedia en français.

Épilogue – Avis de recherche

Toute bonne chose a une fin…

Pas mon blogue,  rassurez-vous.

Je cherche pour une personne la date du décès de Joseph Brouillé (Bruyère – Brière) né vers 1876, fils d’Azarie Brouillé et d’Euphrosine Charbonneau.

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Azarie Brouillé père

Les mort avec Joseph Brière

Euphrésine Charbonneau

Euphrosine Charbonneau

Les mort avec Joseph Brière

C’était finalement le but de toute ma recherche d’ancêtres et de descendants depuis  une semaine.

La personne qui  m’avait laissé un message sur Geneanet la semaine dernière avait quelques vieilles photos dont celle de sa grand-mère maternelle Yvonne Brière.

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Voici son père Joseph  Brouillé – Brouillet – Bruyère – Brière. Vous  avez le choix  du patronyme.

Joseph Bruyère

Joseph Brière 1876 – ?

Joseph était le fils d’Azarie Brouillé.

Azarie et son fils Joseph

Azarie Brouillé avec son fils Joseph

Joseph  Brouillé avait  marié  Eva Brazeau,  fille d’Alexandre  Brazeau et de Salomée Gareau. C’est Salomée qui est le lien avec moi. Elle est la fille  d’Hilaire Gareau et d’Émelie Pilon, la fille  de Joachim  Pilon et de Christine Lalonde. Émelie Pilon était la  soeur de Guillaume Pilon, l’ancêtre de ma tante Evelyne Pilon qui avait en 2007 toutes les vieilles photos de la famille Sauvé.

Pour remercier ma tante, j’avais ajouté ses ancêtres dans mon arbre familial, puis lui avait confectionné un gros beau album. J’avais, comme d’habitude, un peu exagéré à retrouver sa famille élargie, d’où mes fiches d’Eva Brazeau et de son époux Joseph Brouillé dans mon gedcom, deux parfaits inconnus jusqu’à ce que je recoive ce message…

Bonjour, je suis un descendant d’Azarie et de Joseph.
Je suis surpris de voir mes ancêtres  ici. 

C’est comme ça que j’en suis maintenant rendu, huit ans plus tard, avec la photo de mariage de Joseph Brouillé et d’Eva Brazeau…

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1896

Et un avis de recherche…

Il y a une morale dans cette histoire, mais je vous laisse la découvrir.

Je vous laisse tout le week-end pour la trouver…

Le temps des Fêtes chez mes grands-parents maternels

Texte  de  Lise-Andrée  Morin

Quelques jours après Noël, mes parents faisaient les valises pour aller passer la période du jour de l’An chez mes grands-parents à St-Basile dans la vieille maison paternelle.

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Nous partions de Charlesbourg en autobus jusqu’à la gare centrale de Québec. Quel plaisir nous avions de prendre le train.

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Mes parents étaient pauvres et les sorties très rares. Le voyage se faisait dans la joie et nous avions hâte de passer sur le pont de Pont-Rouge pour voir l’eau tourbillonnante de la rivière Jacques Cartier se précipiter avec fureur sous le pont. C’était très haut et un petit frisson de peur et de plaisir tout à la fois nous traversaient.

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À l’arrivée à St-Basile, mon grand-père et mon oncle nous attendait avec les carrioles pour nous amener à la maison paternelle. Le froid était piquant, nos joues rougies par le froid, pendant le trajet nous savourions le plaisir de voir les chevaux trottés gaiement vers l’écurie. Grand-mère nous attendait avec son merveilleux sourire et ses bisous. Nous montions au deuxième étage pour rejoindre nos chambres qui étaient constitués de grands lits avec des matelas de plumes. Nous nous enfoncions là-dedans en riant. De grandes peaux de fourrure nous protégeaient du froid. Seul un poêle à bois entretenu religieusement par mon grand-père dans les grands froids d’hiver réchauffait la maison. Des grandes grilles au plancher laissaient pénétrer la chaleur. Ces vieilles maisons étaient isolée avec du brin de scie. Après s’être changé de vêtements, nous partions pour l’étable où tous les animaux y étaient réunis pour l’hiver. J’ai toujours aimé l’odeur dégagée par les chevaux et les vaches dans une étable.

Grand-mère cuisinait sur un poêle à bois. Elle se préparait pour le temps des Fêtes des mois à l’avance. Grand-mère était la deuxième femme de mon grand-père. Il avait eu deux enfants avec sa première femme. Ses deux enfants du premier lit ont eu chacun 12 enfants. Ils demeuraient dans le village voisin qui s’appelait Portneuf à quelques kilomètres de la maison.

Dans le deuxième lit, mon grand-père a eu 4 enfants. J’étais l’aînée des petits-enfants du deuxième lit.

Si on additionne les conjoints et les partenaires des petits-enfants du premier lit. Nous étions environ 80 personnes pour le souper du jour de l’An. Ma mère et ses sœurs aidaient aux derniers préparatifs. Les hommes montaient les tables sur des tréteaux et apportaient les bancs pour s’asseoir aux tables.

Le matin du Jour de l’An après le petit déjeuner, grand-père et le frère de Maman préparaient les carrioles pour le départ pour la messe. Les voitures attelées contenaient des grosses peaux pour nous tenir au chaud. Grand-père installait des briques chaudes pour nos pieds. Dans l’attelage des chevaux, il plaçait des grelots. Nous attendions les carrioles de nos voisins qui étaient parents avec nous et nous partions en file pour le village situé à deux milles de là.

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Source : Côté Jardins

Tout le long du voyage, nous chantions des chansons du jour de l’An. En arrivant, les chevaux allaient dans un hangar et l’on mettait une couverture sur leur dos pour qu’ils ne prennent pas froid.

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Après la messe, au retour, nous étions emmitouflés sous les couvertures pour demeurer bien au chaud.

Arrivés à la maison, les femmes et enfants s’y réfugiaient. Les hommes repartaient avec les voitures pour la tournée du jour de l’An. Ils allaient de maison en maison souhaiter la Bonne et Heureuse année. Chacun était invité à entrer tout en se faisant offrir un petit verre pour se réchauffer. Cette tournée durait quelques heures. Heureusement, les chevaux savaient retrouver le chemin de l’écurie…

Pendant ce temps, les femmes dressaient les tables et donnaient un coup de main pour la finalisation du repas du jour de l’An. Vers la fin de l’après-midi, les carrioles des oncles et tantes de Portneuf arrivaient. Les chevaux étaient dételés et amenés à l’écurie où les attendait un picotin d’avoine. La maison était remplie de rires et de souhaits de Bonne Année, de petits becs en pincette des vieux mononcles pas toujours à jeun.

Quand tout le monde était arrivé, le plus vieux des enfants demandait la bénédiction paternelle à grand -père. C’était toujours avec émotion qu’il nous bénissait. Puis le souper à plusieurs tablées commençait. Il fallait servir tout le monde en commençant par les plus jeunes. Pendant ce temps-là, il y avait plusieurs tables à cartes qui étaient montées. On organisait des tournois de cartes, les enfants n’étaient pas admis, on organisait nos propres jeux dans les escaliers. On avait beaucoup de plaisir.

Je me rappelle qu’après le repas, les femmes s’occupaient de nettoyer la vaisselle. Cela durait des heures. Pendant ce temps, les hommes enlevaient les tables et les bancs dans la grande salle à manger pour laisser la place à la danse. Sur les planchers de bois, on mettait de l’acide borique pour les rendre plus glissants. Mon grand-père sortait son violon, mon père son banjo. Le frère de ma grand-mère callait les sets carrés. Les soirées étaient enlevantes et gaies. Mon grand-père y allait d’une petite gigue. Le frère de Maman possédait une voix magnifique, il nous entraînait avec lui dans les chansons traditionnelles du jour de l’An. Puis venait le temps aux oncles et tantes de retourner chez eux. Il fallait sortir pour atteler les voitures. La fatigue aidant, le retour était plus difficile qu’à l’arrivée et surtout que la nuit est toujours plus froide. Chaque conducteur installait des lanternes après sa carriole. Ils partaient en file, les plus jeunes avait encore l’énergie de chanter.

Notre famille avait la chance de demeurer quelques jours chez nos grands-parents, nous aidions à la ferme pour faire le train et nourrir les vaches, les chevaux et les autres animaux. Je savais que je retournerais au Mont d’Youville au retour. Cela me donnait l’occasion de revoir ma famille. Ces jours heureux sont gravés dans ma mémoire. Ce temps-là est passé maintenant. J’ai reçu ma famille par la suite et je comprends tout le travail que s’imposait ma petite grand-mère pour recevoir avec affection toute sa famille. Cette grand-mère a marqué ma vie de façon particulière car elle m’a tout montré. Sa sérénité, sa joie de vivre, sa générosité ont été des modèles pour moi. Malgré les années écoulées depuis sa disparition, elle est toujours présente dans mon cœur et j’y pense très souvent. Parmi les personnes qui ont guidé ma vie, elle a une place particulière et son influence s’exerce encore aujourd’hui.

Une belle année 2016 riche et belle pour tout le monde.

Histoire de la famille Thibault – dernière partie

Texte de Denise Thibault

Les travaux de construction du barrage Bersimis 2 achevaient à Labrieville.

barrage Bersimis 2

Source Internet

Hydro-Québec vendait les maisons à ceux qui étaient prêts à les déménager. Nous décidions d’en choisir une, l’achetions et la faisions déménager à Forestville, sur la rue Verreault. Nous étions à trois voisins de ma mère.

Marie-Louise 1912-2000

Jacques devait se retrouver sur un nouveau chantier à Manic 5. Les routes n’étaient pas prêtes pour le voyagement, donc au début, on ne se voyait qu’aux fins de semaine et, dans ce temps- là, les semaines finissaient le samedi soir.

En mai 1961, Yvan naissait et nous avions la fille et le garçon. Cette naissance nous comblait et Yvan, tout comme Line, était un bon bébé en bonne santé. Lui aussi avait les mêmes couleurs de cheveux. Il ressemblait à son père. Bon bébé, il ne pleurait jamais et sa petite sœur, qui marchait, aimait se tenir autour de lui…

Nous avions maintenant deux bébés, Line un an et le petit naissant, mais on se débrouillait. J’étais à la maison avec eux, car Jacques était toujours à Manic 5. Il était logé dans des camps près du lieu de son travail où on commençait la construction du barrage. Il prenait ses repas à la cafétéria.

On prévoyait construire à 5 milles plus haut, un site de parc de roulottes pouvant accueillir les familles des travailleurs. Ce site devait comprendre une école et un local pour les offices religieux, une piscine et divers services pour rendre la vie plus facile aux travailleurs et leurs familles. On attendait ce moment avec grand hâte, car vivre éloignés et avoir à voyager n’était pas agréable pour un couple élevant des enfants. Une vie de famille nous manquait énormément…

Nous avons alors vendu la maison de Forestville puis avons acheté une roulotte pour déménager au Lac Louise vers le temps de Pâques en 1963.

C’était l’année que je fus enceinte de Gino qui naissait en octobre à la clinique médicale du chantier. Nous étions situés sur la 2e rue en face de l’école, roulotte 245. Nous étions bien heureux, car Jacques pouvait venir dîner et enfin on commençait une vie de famille normale… papa près de sa famille…

Hydro prévoyait des loisirs et des sports variés : skis avec monte-pente, hockey, curling, balle-molle pour ses résidents. Pour nous les femmes, des cours de cuisine, de couture, de peinture et des sports comme la balle-molle, quilles, curling. Il y avait aussi un camp d’été pour les enfants en âge d’y participer avec un cours de natation. Nous étions dans une belle nature pouvant profiter abondamment de la pêche qui était très fructueuse…

Un jour, Jacques nous a construit un beau chalet en bois rond en face d’un lac. Il avait creusé un puits pour nous fournir en eau potable. Nous l’avions équipé et nous y allions la fin de semaine…

Une anecdote au sujet du puits. Il avait creusé environ 6 à 8 pieds de profondeur, avait descendu une échelle dans le fond pour y remonter… Il vit en bas un mulot qui bougeait dans le puits, il remonta et remplit son puits puis recommença à creuser plus loin…. Il était tellement dédaigneux.

À six ans, Line commençait sa première année à l’école en face de chez moi. Elle me voyait étendre mon linge sur la corde durant sa récréation et elle m’envoyait un beau salut de la main. Les enfants étaient en costume scolaire, blouse blanche et jupe grise pour les filles et pantalon gris et chemise blanche pour les petits garçons. Elle réussissait bien en classe et, l’année suivante. Yvan suivait ses traces… Quand, il y avait des différends entre les autres enfants, Line protégeait Yvan, se postait devant eux et leur disait : « Allez vous attaquer aux plus grands, laissez mon frère tranquille… » Line a toujours été très protectrice envers ses deux frères…

Gino vieillissait et suivait Line et Yvan. Un jour Gino encore petit, environ deux ou trois ans, approche le vélo du perron, de la 2e marche, il embarque sur le vélo de 20 pouces d’Yvan et il se blesse à la jambe, une déchirure. Je le rentre dans la roulotte et les larmes me coulaient de le voir ainsi… Il me dit : « Ne pleure pas maman, ça ne me fait pas mal… » Nous sommes allés à la clinique et on lui fit des points de suture…

Un jour, je faisais du grand ménage. Avant de laver mes murs, j’ai enlevé mes cadres et le crucifix sur le mur. Gino très jeune, détache le Jésus de la croix et je lui demande pourquoi il a fait cela, il me dit : « Jésus était pris et moi je l’ai dépris » (ses mots d’enfant). Quand j’ai raconté cela à Maman, elle me dit : « Pauvre enfant ça devait faire bien longtemps qu’il était dérangé de voir Jésus attaché sur la croix… »

Le barrage se construisait et nous avions des parents et amis qui venaient nous visiter…

Durant l’Expo universelle en 1967 de Montréal, Hydro-Québec présentait en direct les travaux du barrage.

barrage Manic 5

Source Internet

Ça prenait des passes d’entrée pour venir à Manic 5. C’était protégé à l’entrée par un arrêt. La police prenait les coordonnées des visiteurs et le but de leur visite. Nous devions auparavant donner notre accord de laissez-passer et il vérifiait…

Nous y avons vécu les fêtes de l’ouverture du barrage. Nous étions tous invités à un grand banquet et bal en robe longue parmi les dignitaires…

Le premier ministre Daniel Johnson père meurt durant la nuit d’une crise cardiaque…

Nous y avions vécu de 1963 à 1971. Le chantier étant terminé, Jacques transférait à un autre chantier : Outardes 4.

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Source Internet

Nous sommes revenus à Forestville puisqu’on n’avait plus de service scolaire pour le Secondaire et on n’envisageait pas d’envoyer Line si jeune comme pensionnaire ni Yvan l’année suivante… Nous avons mis la roulotte sur un parking de roulottes, l’avons vendue et nous avons acheté une maison à Colombier pour la déménager à Forestville. Elle fut installée sur un terrain situé au 22, 5e Avenue à Forestville.

L’année suivante, durant les vacances scolaires, nous sommes allés rejoindre Jacques sur un terrain de camping. Nous avions une roulotte de camping avec tous les services et Jacques venait dîner avec nous…

Les enfants s’amusaient et se baignaient. Je faisais mes petits lavages chaque matin et je faisais sécher mon linge au soleil… J’avais une planche à laver et je frottais le linge taché des enfants. Jacques avait fait des échasses aux enfants. Ils se sont tellement amusés avec cela. On ne voyait passer que de grands géants… Les petits amis voyant cela, s’en sont fait faire par leurs parents. Il s’agissait d’avoir un peu d’imagination et les enfants s’amusaient tellement…

Nous sommes revenus pour reprendre les classes en septembre…

Quelques mois après, en 1971, Jacques faisait un infarctus à 34 ans sur le chantier Outardes 4. Il fut transporté par ambulance à l’hôpital Hauterive, un trajet d’une cinquantaine de milles. Arrivé sur les lieux, on le réanima et il passa trois semaines à récupérer. Il ne put réintégrer son travail puisqu’il était opérateur de grue, son employeur Hydro-Québec trouvant trop risqué pour effectuer un tel travail.

Jacques subit une opération à cœur ouvert et décéda quelques années plus tard le 12 août 1979 à l’Hôpital des Escoumins.

Ce fut une grande perte pour notre famille. Line avait 17 ans, Yvan 16 et Gino 14 ans, trop jeunes pour perdre leur père et moi un mari qui faisait tout mon bonheur…

Les enfants ont poursuivi leur étude et j’ai travaillé comme secrétaire et fait la comptabilité au Centre Plaza de Forestville. Quand le magasin se convertit en boutiques, j’ai loué un espace et j’ai ouvet la boutique La D’ S, boutique de fine lingerie, de vêtements féminins et de robes de mariées…

Le commerce devenait très compétitif. Quand je me payais de la publicité, le journal ensuite faisait les autres magasins de lingerie pour leur vendre de la publicité en dévoilant que je faisais une vente (payer pour se faire avoir). J’ai décidé alors de fermer.

Je suis informée des besoins du foyer des handicapés et j’y travaillerai quelques années. Le centre fermera, c’est la désinstitutionalisation de la clientèle pour les placer en famille d’accueil.

Gino pendant ce temps faisait son cours de mécanique à Beauport et il voyageait chaque fin de semaine de Beauport à Forestville. Les enfants finalement partent travailler en ville à Montréal et la vie suit son cours…

Un jour, mes enfants vous raconteront la suite de mon histoire…

Un avant-goût de la suite?

En ce jour, je peux vous dire que tous mes enfants vivent en couple, sont heureux, ont tous des enfants et réussissent leur vie. Ils sont ma fierté et celle de leur père qui, de là-haut, veille sur tout ce beau monde…

Denise avec ses trois enfants Line, Yvan et Gino

Je suis une mère, une grand-mère et une arrière-grand-mère.

Jacques et Denise

Jacques et Denise

Histoire de la famille Thibault – onzième partie

Texte de Denise Thibault

Durant le même automne, un dimanche en après-midi, une visite à son père à l’hôpital d’Hauterive, son père en était à ses dernières heures. Nous étions deux autos qui se suivaient sur la route de Baie-Comeau et dans un croche dépassé Rivière-Bersimis, nous voyons le char de Jean-Marie qui venait de se faire frapper par une auto qui venait lui faire face….
À suivre…

Nous nous sommes arrêtés, Jacques et sa mère était avec moi dans notre auto. Jacques constata que son frère Jean-Marie, qui était le conducteur, et sa sœur Gilberte étaient morts. Eliette la femme de Jean-Marie assise en avant près de lui était blessée comme les deux autres passagers en arrière, Roch Carrier et sa femme Yvette Charron, une autre sœur de Jacques.

Ils seront transportés à l’hôpital d’Hauterive où, effectivement, on constatera les décès de Jean-Marie et Gilberte à l’arrivée. Les blessés seront hospitalisés, tous avec des jambes cassées. Roch Carrier, le beau-frère, perdra une jambe. Une autre sœur de Jacques, Pierrette Charron, était au même moment hospitalisée, elle devait accoucher dans les heures.

Donc, Jacques perdra Jean-Marie, son frère et parrain, sa sœur Gilberte, la femme de James Hickey, faisant du même coup : 17 orphelins. Son père mourra dans les jours suivants ce qui faisait trois mortalités. Deux jours plus tard, Roch et Yvette toujours hospitalisés apprennent par leurs enfants que la maison a passé au feu en pleine nuit et qu’ils ont dû sauté du 2e étage pour se sauver…

Quelle catastrophe en si peu de temps, une perte totale de tous leurs biens.

Notre évêque leur rend une visite à l’hôpital pensant les consoler en leur disant que : « Dieu éprouve ceux qu’Il aime… »

Yvette lui répond : « Qu’Il en aime d’autres maintenant… »

C’était comme dans un mauvais rêve, ça demeurait inimaginable une telle tragédie en si peu de temps… Les blessés en ont eu presqu’une année à s’en remettre et à sortir de l’hôpital… Ils ont subi des opérations et on leur a mis des tiges d’acier dans les hanches pour réparer leurs blessures.

Nous avions passé toute une année à voyager, leur rendre visite et les encourager, car ils en avaient tellement besoin. Nous étions dans notre première année de mariage et Line naissait au mois de mai suivant en 1960.

Ce grand bonheur arrivait à point.

À suivre…

Histoire de la famille Thibault – neuvième partie

Texte de Denise Thibault

Notre belle histoire d’amour commença ce matin- là au printemps, en avril 1959.

Jacques et Denise

Source Denise Thibault

Le samedi soir, nous sommes allés dans un endroit de danse où mes frères avaient l’habitude d’aller, et nous avons dansé une partie de la soirée.

Nous avons commencé nos fréquentations et il devait venir me voir que les fins de semaine. Il travaillait à 45 milles de Forestville à la construction du barrage Bersimis 2 à Labrieville-Sud.

barrage Bersimis 2

Source Internet

Il en avait déjà un autre barrage Labrieville-Nord, sur la Rivière Bersimis déjà construit et en fonction, il y avait une belle petite ville à cet endroit.

barrage Bersimis 1

Source Internet

Nous nous sommes fréquentés durant l’année. Jacques n’avait pas le goût de passer la semaine sans nous voir. Il faisait donc ce trajet chaque soir, après sa journée de travail. Il venait me voir puis retournait coucher chez sa mère. Il repartait à 5 heures du matin pour être à l’heure au travail. Il fit cela jusqu’au mariage.

Je suis devenue enceinte dès le premier mois du mariage. On était en 1959. Il n’y avait pas de moyen de se préserver, mais on était marié et c’était la normalité de tomber enceinte dès le début du mariage. J’avais de grosses nausées durant ma grossesse, au moins durant les 3 et 4 premiers mois. Je ne gardais pas ma nourriture. Ce n’était pas agréable, je maigrissais. Seulement durant les derniers mois, je pouvais manger et enfin prendre du poids.

Line est venue au monde en bonne santé, avec de beaux petits cheveux tout noirs. L’infirmière qui avait fait sa toilette me dit : « Voilà ta petite qui a déjà une belle coiffure à la mode, elle était belle… » Que du plaisir j’ai eu à l’habiller. J’avais de belles petites robes tricotées au crochet de toutes les teintes pastelles et les « petites pattes » de la même couleur. Nous en étions si fières et avions du plaisir à la cajoler. Elle a été un bon bébé, jamais malade. Elle fit ses premiers pas à neuf mois. Jacques se plaisait à la montrer à ses compagnons de travail. Fier qu’il fût….

Au fil du temps, Jacques me racontait, qu’étant jeune, son père travaillait au moulin à papier de Roberval et il voyageait soir et matin en bateau pour l’aller et le retour à la maison à Ste-Hedwige au Lac St-Jean.

Ste-Hedwidge

Source Internet

Son père avait entendu dire que le gouvernement offrait des terres aux colons, discutant avec sa mère que ce serait agréable de cultiver et continuer d’élever leurs enfants. De plus en plus les gens discutaient de cela dans leurs connaissances et finalement, ils prennent la décision de faire leur demande pour un lot à coloniser à Colombier.

Leur demande étant acceptée, ils déménagent par bateau et arrivent à Colombier. Il n’y a rien de construit, on commence à abattre des arbres et défricher une espace choisie pour construire la maison, s’installe en attendant dans un espace de fortune genre camping et le travail continue, on doit s’installer avant les grands froids.

Sa mère n’avait plus les services qu’elle avait au Saguenay : électricité, eau courante et toutes ses utilités d’appareils électriques. Ce que tous ses services lui manquaient. Elle s’ennuyait. Elle raconta avoir commencé à fumer et continua jusqu’à son décès.

Pauvres gens, son père travaillait à la levée du jour, sans relâche sur cette terre rocailleuse et non propice à la culture, une terre de roches.

Mes beaux-parents Charron arrivant à Colombier 001

Source Denise Thibault