Histoire de la famille Thibault – neuvième partie

Texte de Denise Thibault

Notre belle histoire d’amour commença ce matin- là au printemps, en avril 1959.

Jacques et Denise

Source Denise Thibault

Le samedi soir, nous sommes allés dans un endroit de danse où mes frères avaient l’habitude d’aller, et nous avons dansé une partie de la soirée.

Nous avons commencé nos fréquentations et il devait venir me voir que les fins de semaine. Il travaillait à 45 milles de Forestville à la construction du barrage Bersimis 2 à Labrieville-Sud.

barrage Bersimis 2

Source Internet

Il en avait déjà un autre barrage Labrieville-Nord, sur la Rivière Bersimis déjà construit et en fonction, il y avait une belle petite ville à cet endroit.

barrage Bersimis 1

Source Internet

Nous nous sommes fréquentés durant l’année. Jacques n’avait pas le goût de passer la semaine sans nous voir. Il faisait donc ce trajet chaque soir, après sa journée de travail. Il venait me voir puis retournait coucher chez sa mère. Il repartait à 5 heures du matin pour être à l’heure au travail. Il fit cela jusqu’au mariage.

Je suis devenue enceinte dès le premier mois du mariage. On était en 1959. Il n’y avait pas de moyen de se préserver, mais on était marié et c’était la normalité de tomber enceinte dès le début du mariage. J’avais de grosses nausées durant ma grossesse, au moins durant les 3 et 4 premiers mois. Je ne gardais pas ma nourriture. Ce n’était pas agréable, je maigrissais. Seulement durant les derniers mois, je pouvais manger et enfin prendre du poids.

Line est venue au monde en bonne santé, avec de beaux petits cheveux tout noirs. L’infirmière qui avait fait sa toilette me dit : « Voilà ta petite qui a déjà une belle coiffure à la mode, elle était belle… » Que du plaisir j’ai eu à l’habiller. J’avais de belles petites robes tricotées au crochet de toutes les teintes pastelles et les « petites pattes » de la même couleur. Nous en étions si fières et avions du plaisir à la cajoler. Elle a été un bon bébé, jamais malade. Elle fit ses premiers pas à neuf mois. Jacques se plaisait à la montrer à ses compagnons de travail. Fier qu’il fût….

Au fil du temps, Jacques me racontait, qu’étant jeune, son père travaillait au moulin à papier de Roberval et il voyageait soir et matin en bateau pour l’aller et le retour à la maison à Ste-Hedwige au Lac St-Jean.

Ste-Hedwidge

Source Internet

Son père avait entendu dire que le gouvernement offrait des terres aux colons, discutant avec sa mère que ce serait agréable de cultiver et continuer d’élever leurs enfants. De plus en plus les gens discutaient de cela dans leurs connaissances et finalement, ils prennent la décision de faire leur demande pour un lot à coloniser à Colombier.

Leur demande étant acceptée, ils déménagent par bateau et arrivent à Colombier. Il n’y a rien de construit, on commence à abattre des arbres et défricher une espace choisie pour construire la maison, s’installe en attendant dans un espace de fortune genre camping et le travail continue, on doit s’installer avant les grands froids.

Sa mère n’avait plus les services qu’elle avait au Saguenay : électricité, eau courante et toutes ses utilités d’appareils électriques. Ce que tous ses services lui manquaient. Elle s’ennuyait. Elle raconta avoir commencé à fumer et continua jusqu’à son décès.

Pauvres gens, son père travaillait à la levée du jour, sans relâche sur cette terre rocailleuse et non propice à la culture, une terre de roches.

Mes beaux-parents Charron arrivant à Colombier 001

Source Denise Thibault

18 réflexions sur “Histoire de la famille Thibault – neuvième partie

  1. Quels bons souvenirs et surtout quelle belle rencontre! La vie nous mène vers notre destin…

    Merci Pierre pour cette belle mise en page et la recherche des barrages de Labrieville- Nord et Labrieville-Sud.Toujours aussi généreux! Très apprécié…

  2. Un très bel homme, votre époux. Je vais pouvoir me représenter votre visage en lisant vos écrits.
    Quand nous devenons enceinte, quel plaisir nous avons à confectionner et à tricoter les vêtements de notre futur bébé. Attendre un enfant, c’est un bonheur incomparable… même si la fin est souvent difficile. Comme disait ma mère c’est une maladie qui n’a pas de cœur… car on recommence.
    Les terres de roches étaient données par le gouvernement. Avec le peu d’instruments aratoires qui existaient à cette époque, travailler la terre était pénible et peu payant. Il ne fallait pas seulement couper les arbres mais les dessoucher avec les chevaux et les bras.
    Sur votre photo, vos yeux irradient de bonheur. Votre visage respire la bonté… Vous avez gardé votre amour tout au long de votre vie… chanceuse!

  3. Et pourtant…beaucoup se plaignent tout le temps. Mais c’est le propre aussi des vieux grincheux…Ce n’est pas ce que tu possèdes mais ce qu’il y a en dedans de toi qui compte. C’est cette propension à trouver la journée pleine de plaisir et de bonheur à partager. C’est vrai pour toutes les époques…Tu sais Michel, on s’amusait avec des riens et on était heureux…Le partage était obligatoire et la négociation aussi car on était plusieurs dans la maison avec généralement peu de moyens… Avec ton sens de l’humour bien aiguisé, tu ne manques pas de propension…

  4.  »Tu sais Michel, on s’amusait avec des riens »

    Ce qui m’a spontanément rappelé les HEURES durant lesquelles je me suis amusé, étendu sur le tapis du salon, avec mon vieil autobus en fer à la peinture écaillée, que j’avais trouvé sur la grève de la plage Roger (aujourd’hui dans l’arrondissement de Sainte-Marthe-sur-le-Lac), où nous avions loué un chalet quelques étés dans les années 1950.

    Aujourd’hui, c’est à peine si les jeunes y jetteraient le moindre coup d’oeil.

    Une sortie, au milieu des années 1950, à la plage Roger, c’était aller voir un film au restaurant du coin, à deux pas du chalet, à 0,25 la représentation ou encore prendre mon ‘bicyle à deux roues’ le soir et aller avec ma mère jusqu’à la grand route pour manger un cornet de ‘crème à glace’ chez Robil.

    Une allocation hebdomadaire, quand j’étais tout jeune, se limitait à 3 cents, que je m’empressais d’aller flamber au dépanneur du coin, en ‘bonbons à la cenne’. Voulant maximiser mon investissement, je prenais plus souvent qu’autrement des ‘nénannes’ à deux ou trois pour une cenne. Les ‘lunes de miel’ coûtaient 2 cents l’unité alors c’était pour les grandes occasions. Un beau jour, le proprio du dépanneur m’a vu arriver avec **5** cents et il m’a demandé si j’avais hérité.

    Tous ces petits ‘riens’ me rendaient heureux.

  5. Hélas, non. Et je ne sais pas si je l’ai égaré ou si on a fini par le jeter.

    P.S.: Les  »tits sacs de chips » coûtaient 0,05 cents par chez nous.

  6. Bonjour! je viens vous voir les amis et amies….merci de vos écrits, ça me fait plaisir, ça ressemble à mon jeune temps quand ma petite sœur (10 ans plus jeune que moi) venait nous voir au salon, toujours avec la porte ouverte, mon chum lui donnait .05 pour qu’ elle aille s’ acheter de la gomme, ainsi on pouvait se parler tranquille, ça lui plaisait elle revenait tout le temps…
    La moustache est venue durant un carnaval d’hiver, un concours de moustache que la compagnie O’Keefe avait organisé pour la plus belle moustache de Colombier et c’est Jacques qui a gagné le trophée. Finalement il l’a gardée….

  7. En fait, je me rappelle de sacs de chips Maple Leaf à 0,01 cent!, mais ils étaient VRAIMENT petits et ne contenaient que des morceaux de chips…

    Soit dit en passant, les sacs de chips que j’achetais à 0,05 cents contenaient probablement au moins deux fois plus de chips que ceux qu’on vend près d’un dollar aujourd’hui. Et quand tu ouvrais un sac de chips, à l’époque, il était plein à ras bord. Il n’y avait pas l’excuse habituelle du ‘contenu qui s’est tassé durant le transport’ que les compagnies te servent quand, une fois que tu as ouvert le sac, tu constates qu’il est plein à moitié.

    Voilà.

    Je me suis défoulé et je me sens mieux.

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