Les Noëls de mon enfance…

Texte de Lise-Andrée Morin

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Les Noëls de mon enfance…

Pour commencer, je dois dire que j’ai toujours aimé les contes de fées. Dès que j’ai pu lire, je devins un rat de bibliothèque. Je lisais tout le temps, je me cachais pour le faire, car j’y passais des heures tout en négligeant le reste…

Mon père racontait des histoires fabuleuses qui se poursuivaient soir après soir lorsque nous étions à la maison. Mon imagination n’avait pas de fin. Je dois dire que j’ai cru au Père Noël jusqu’à l’âge de dix ans. J’y aurais cru encore quelques années si un oncle pompette n’avait pas jugé que je fusse trop vieille pour croire au Père Noël. Quelle déception pour moi d’apprendre la veille de Noël que Santa était un oncle qui portait un déguisement. Pour l’enfant que j’étais, Noël avait perdu de son éclat et de son mystère.

Mais revenons en arrière dans le temps où le Père Noël avait encore toute sa magie. Ma grand-mère paternelle demeurait à Québec dans une maison de trois étages. Cette maison avait été acquise par mon grand-père alors qu’il était tailleur à la Compagnie Paquet de la rue St-Joseph. Mon grand-père est décédé à l’âge de 37 ans. Il avait quatre fils et deux filles.

Le jour de Noël, toute la famille se rendait en taxi chez notre grand-mère. Nous arrivions tôt dans l’après-midi, les oncles et tantes avec leurs enfants arrivaient les uns après les autres. Il était coutume de sortir les jeux de cartes. Les enfants montaient au grenier où nous attendaient les vieux jouets de nos parents. Il y avait un vieux gramophone avec des vieux 78 tours. C’était de vieux disques d’opéra. Le chanteur Caruso était parmi les favoris. Dans la famille, une passion pour l’opéra s’est transmise de génération en génération. Puis la faim aidant, nous redescendions rejoindre les adultes. La maison embaumait de mets délicieux. La table était dressée avec la vaisselle du temps des Fêtes. Grand-mère nous accueillait pour le souper. Après avoir dégusté notre repas, l’impatience commençait à nous prendre, car nous attendions la venue du Père Noël. Pour surveiller son arrivée, tous les enfants avaient des clochettes dans les mains. Nous étions tous alignés, le nez collé aux vitres. Apercevant le Père Noël dans la rue et voyant qu’il passait tout droit, on agitait nos clochettes en criant Père Noël, Père Noël… Il passait dans la rue enneigée dans son beau costume rouge orné de fourrure blanche. Il portait sur son dos une grosse poche remplie de cadeaux. Il passait devant la maison sans s’arrêter. Il allait jusqu’à la maison voisine, puis revenait sur ses pas sans doute alerté par nos cris et le son des clochettes. Nos yeux brillaient de plaisir à la vue de ce beau Père Noël et des cadeaux qu’il avait apportés. Le père Noël, avec sa grosse barbe blanche et son rire, nous faisait asseoir sur ses genoux. Il nous demandait si nous avions été sages et nous remettait notre cadeau. Chaque enfant criait de plaisir en développent son présent.

Après la distribution des étrennes, c’était le temps de la Fête. Mon père était musicien, il chantait juste, jouait du piano, de la guitare, de la mandoline, mais son instrument préféré était le banjo. Ses frères et sœurs étant un peu musiciens, l’un s’assoyait au piano, l’autre prenait son harmonica pour l’accompagner. Les chansons traditionnelles du temps des Fêtes et les chansons de famille transmises de génération en génération étaient à l’honneur. Tout le monde y allait de son petit couplet ou chantait en cœur. Cette soirée, généralement bien arrosée, se terminait par des parties de Whist. Tour à tour, la fatigue aidant, les enfants allaient se coucher parmi les manteaux parfumés posés sur les lits. Chacun s’endormait malgré le bruit, épuisé, mais content d’avoir vécu cette merveilleuse journée de Noël.

Par la suite, les traditions de Noël ont été respectées par les autres générations. Encore aujourd’hui, nous chantons les chansons de nos pères que nous avons transmises à nos petits-enfants. Les fêtes où on réunit toute la famille sont encore très présentes. Plusieurs fois par année, chacun son tour, on organise une réunion familiale et des activités où tout le monde participe. En plus des Fêtes, on organise des méchouis, des tournois de golf, des parties de quilles, des tournois de cartes, des barbecues… Les cousins et cousines de notre enfance sont invités. Les liens tissés dans le plaisir et le partage dans notre enfance se sont constamment resserrés tout au long de nos vies. Le succès est venu de la volonté de maintenir les traditions vivantes. Nous évitons les conflits, en pratiquant la tolérance et l’acceptation des différences. Ce qui compte vraiment, c’est d’être entouré de ceux que l’on aime et qui nous aime. Le reste n’a pas vraiment d’importance. La famille nous accompagne tout au long de la vie.

Un joyeux Noël dans la paix et l’amour à chacun de vous.

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7 réflexions sur “Les Noëls de mon enfance…

  1. Un des textes de Noël les plus festifs qu’il m’ait été donné de lire depuis très longtemps. Tu as raté ta vocation : tu aurais dû devenir (ra)conteuse.

    Bravo, Lise-Andrée.

  2. Quel beau texte de Noël, de faire revivre la magie des Fêtes. Vos souvenirs sont tellement vivants qu’on pourrait dire que c’était hier. Et de garder cela en mémoire et de si bien raconter…
    Bravo Lison!

  3. Merci mes bons amis pour vos commentaires…Je me suis réveillée cette nuit avec la soif…
    Deux petites chansons de famille qui viennent de très loin…
    Il n’est ni grand ni beau mon verre, pourtant j’y tiens. Un souvenir de famille bien caressant.. un souvenir de mon père que j’aimais bien.

    Le cristal le plus pur, le plus brillant poème, ne valent pas mon verre, oh buvons mes amis. En y buvant, je le revis de même, en y buvant j’y vois refleurir mes beaux jours.

    Une autre…
    Prends ton verre et moi le mien, c’est là que l’on y trouve la gloire. A ta santé tu boiras ou t’en crèveras. Tu bois du…du…du…tu bois gau…gau…gau…tu bois du…tu bois gau…tu bois du bras gauche, c’est ça qui réchauffe…Bien que nous ne sommes pas de la même Église, cela ne nous empêche pas de croire en Moïse. A ta santé Nicolas, tu boiras ou bien tu en crèveras… c’est cela qui réchauffe… Tu bois du…tu bois gau..tu bois du …tu bois gau… tu bois du bras gauche, c’est ça qui réchauffe.

    Si j’avais pu, j’aurais enregistrer ces chansons pour vous placer dans l’ambiance.
    Ce matin, chez notre fille, notre gendre et nos petits-enfants qui sont heureux du passage du Père Noël durant la nuit…nous dégustons les restes de la veille en pyjamas…

    Aujourd’hui, notre fils et sa femme nous invite à dîner, j’irais voir Mamie Blanche à sa résidence, à 100 ans, elle ne sort plus. Puis j’irai voir ma mère de 95 ans qui ne sort plus non plus de sa résidence. Les fêtes se poursuivront jusqu’au 15 janvier. On se reçoit chacun son tour, car Noël est réservé à nos enfants et petits-enfants. Les amis qui font partie de la famille élargie seront présents aussi. J’adore la période des Fêtes et la magie de Noël qui distribue l’amour, la joie et le plaisir d’être ensemble. Joyeux Noël mes bons amis…

  4. J’oubliais…

    Le plus joyeux des Noëls à Ti-Blanc, que j’ai prise en affection! Je me rappelle surtout de son sourire des plus communicatif. Je lui souhaite longue vie et, surtout, de ne jamais perdre cette étincelle dans ses yeux.

  5. Oui, je n’y manquerai pas. Demain, mon petit miracle de Noël sera raconté. Mamie Blanche a eu une part très importante dans cette histoire…Bisous de Noël à vous tous.
    Un bisou spécial à Pierre qui nous permet une réunion virtuelle. Même à Noël, il garde du temps pour nous..xxxx

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