Histoire de la famille Thibault – quatrième partie

Par Denise Thibault

Un jour, papa part tôt le matin travailler et quand il revient sur la fin de la journée, il apprend la mauvaise nouvelle de la perte de son bébé de 9 mois. Maman avait trouvé sa petite fille dans sa couchette très fiévreuse. Elle se rendit au dispensaire de la garde-malade qui soignait les malades. Elle le faisait comme un médecin, et même parfois devenait le dentiste, elle pouvait extraire les dents et accouchait les femmes chez elles. Elle lui dit que son bébé ne passerait pas la journée.
Le prêtre qui demeurait à côté du dispensaire a donné les onctions et la petite est morte dans les bras de maman, une maladie infantile qui avait donné de grosses fièvres. On lui dit que sans doute la rougeole et les rougeurs n’étaient pas encore sorties. Papa, bien malheureux de cette nouvelle, car il avait vu la petite tôt le matin lui sourire dans sa couchette.

Maman faisait aussi partie du Cercle des Fermières et elle nous revenait avec de nouvelles recettes, le fameux bonbon aux patates que nous faisons encore pour nos enfants, sans oublier sa recette de gâteau non cuit que tout le monde raffole, mangeant cela comme du bon chocolat avec ses amandes… Et que dire de sa délicieuse tarte chiffon aux ananas.

Elle apprenait de nouvelles choses, de la belle broderie…. Un jour, elle confectionna de belles petites robes roses pour Noëlla, Jocelyne et Rolande avec le haut brodé nid d’abeille. C’était tellement joli. Elle ne tarissait pas d’apprendre de nouvelles choses… ingénieuse, prévenante, faisait sa couture, ses tricots, tissage au métier, tout ce qu’elle pouvait récupérer, elle le faisait. Même retourner le tissu d’un grand manteau d’adulte et en confectionner un petit pour un enfant, tout servait, nos parents faisaient déjà à leur façon de la récupération.

Déjà dans leur temps, il y avait cette pensée magique de ne rien jeter, que tout pouvait servir un jour ou l’autre. De demeurer en région éloignée, nous n’avions pas les services tout près, car nous étions à quelques milles (des kilomètres aujourd’hui) de la ville, la plus proche soit Campbellton. Nous étions à la frontière du Québec et du Nouveau-Brunswick. Donc quand quelque chose brisait, on usait d’ingéniosité pour réparer les choses brisées. Maman disait : l’ingéniosité est la mère des inventions. Alors on pensait à un moyen pour réparer les choses et parfois c’était beaucoup mieux et durable que la pièce originale.

Nous voyagions à pied, même en hiver pour nous rendre à l’école du rang. Ça nous faisait une marche d’au moins ¾ de mille. Ça nous arrivait d’arriver à l’école en même temps que la maîtresse. Elle était en pension chez un voisin de l’école et le chauffage le petit poêle (bock stove) n’était pas encore allumé, donc pas de chauffage dans la classe. Elle l’allumait et on passait l’avant-midi avec notre manteau sur le dos. Il faisait si froid et l’eau était gelée. On se privait d’aller aux toilettes (la bécosse) trop froides. On apportait notre lunch pour dîner à l’école et nos sandwiches étaient encore gelés quand venait le temps de les manger.

À suivre…

3 réflexions sur “Histoire de la famille Thibault – quatrième partie

  1. Bonne journée à vous tous!
    Ce matin nous confectionnons nos beignes ma fille Line et moi, nous les faisons un peu plus tard que d’habitude car ils se mangent trop vite, on a peine à arriver aux Fêtes! On leur joue à la famille un bon tour, ils attendent après et nous disent quand vos beignes seront faits??? on les fait saliver et on aime cela…
    A+

    Merci Pierre pour ce 4e épisode: J’ai encore froid de me souvenir de ma classe si froide le matin.

  2. Lorsque nous étions jeunes, les autobus scolaires n’existaient pas. Nous marchions beaucoup par tous les temps pour aller à l’école. Nous étions en forme. Nous nous amusions avec des riens….Les conditions de travail des enseignantes pouvaient être difficiles. Les salaires étaient bas…mais comme elles aimaient enseigner…les enfants s’adaptaient aux conditions difficiles puisqu’ils étaient aimés… Bravo Denise pour ce beau texte.

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