Histoire de la famille Thibault – troisième partie

Texte de Denise Thibault

Durant la belle saison, j’ai toujours connu mon père possédant une voiture un pickup, jamais une auto, car la famille était trop grande et souvent il y avait des enfants dans la boîte arrière. Cette machine lui servait aussi pour tous les autres besoins.

Maman était une femme vaillante, bonne ménagère, faisait son pain, ses pâtisseries, pâtés variés et de très bons cipâtes. Elle avait aussi sa façon de nous faire un fameux pâté chinois enveloppé de pâte, ce qu’il était délicieux, juste y penser. Je le revois et il me semble encore y retrouver sa saveur. Oh! Combien ça sentait bon dans la cuisine…

Ce qui faisait le bonheur de toute sa famille, sa recette de dessert grands- pères, ses tartes aux raisins, au sucre ou au coconut, gâteaux aux fruits, ses biscuits à la mélasse, ses galettes ce qu’elle a dû en faire un nombre incalculable, c’était toujours à recommencer. Nous aimions tellement cela, ses confitures de fraises des champs ou de framboises, elle nous incitait nous les jeunes de toutes les ramasser, remplir nos plats. Elle préparait le sucre pour cuire les fruits et faire sa confiture, on en avait pour une bonne partie de l’année, sans oublier ses marinades et son bon ketchup aux tomates vertes.

Au printemps à la saison des sucres, mes frères entaillaient les érables, faisaient bouillir l’eau et le bon sirop, la tire sur la neige et on continuait de goûter le bon sucre d’érable. Quelle bonne senteur le tout dégageait!!!

Nous n’étions pas riches mais nous ne manquions de rien pour nous nourrir.

Maman voyait à tout, à l’automne, elle prévoyait nous faire prendre de l’huile de foie de morue pour nous empêcher d’être malades, lors de grosses grippes. Par le fait même cela renforcissait le système immunitaire, ce que nous comprenons bien aujourd’hui…

Dans le temps des Fêtes, maman s’organisait pour nous faire un petit cadeau pour Noël, il y avait dans le catalogue Dupuis et Frères de Montréal, une section : boîte surprise-cadeau que les gens pouvaient commander, elle pouvait en commander peut-être deux, et quand elle recevait sa commande, elle pouvait imaginer de ces items ce qui ferait le plus plaisir à chacun de ses enfants…

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Plus tard, elle commença à faire un arbre de Noël et ajoutait ses petits cadeaux. Elle était heureuse malgré qu’elle ait aimé en donner plus, mais de nous voir rayonnants de joie, avec si peu… elle était heureuse. Un jour, voulant faire plaisir à Noëlla et Jocelyne, elle leur acheta chacune une belle petite poupée dans un berceau…

Les enfants devaient être déjà couchés. Du haut de l’escalier, Noëlla voit que maman préparait ses cadeaux, montrant une poupée à son bébé Laurent. Noëlla descend et dit : « Moi aussi j’en veux une poupée… » Noëlla reçoit sa poupée, la regarde et elle est frustrée. Elle dit à maman : « Je voulais une poupée de viande. »

À suivre…

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18 réflexions sur “Histoire de la famille Thibault – troisième partie

  1. Bonjour Pierre,

    Merci pour la 3e Partie de ce matin et la belle photo de Dupuis Frères ça vient ajouter et agrémenter le texte.

    Mes frères et soeurs sont tous bien heureux de pouvoir se rappeler notre Histoire, leurs enfants suivent le récit et sont curieux d’en savoir plus sur la vie de leurs grands-parents et parents.

    J’en ai du New-Brunswick, Dieppe, Californie, Granby, Forestville, Colombier, ils se le disent et sont contents, me remercient de leur avoir fait connaître leurs Ancêtres en publiant mes souvenirs.

    Donc tout ce bon et beau travail est apprécié de tous, j’ en suis ravie!

    Merci Pierre de ta générosité!

    Denise

  2. Bon matin,
    Tous les gourmands doivent saliver à imaginer tous les bons plats cuisinés par votre mère. Je cuisine encore tous ces délices culinaires. A cette période c’est le temps de préparer tous ces bons plats pour la visite qui arrive un peu n’importe quand. L’image de Dupuis et frères nous replonge dans cette époque. Le récit est vivant et très bien raconté. Ces souvenirs sont la petite histoire du Québec et de ses traditions. Le temps des Fêtes est consacré à savourer les plats d’autrefois en se disant que l’on perdra les livres prises dans cette période où l’on fait bombance.

    Quant vous parlez des confitures de fraises des champs cela me rappelle un souvenir. Au mois de juin vers la St-Jean Baptiste, c’était la coupe des foins. Cela nous permettait de cueillir les petites fraises des champs. Un jour, mon frère Guy et moi étions à ramasser des petites fraises le long des clôtures quand le taureau est arrivé derrière nous. Ce taureau pesait pas loin de 3000 lbs, il était énorme. A l’époque, il n’y avait pas d’insémination artificielle pour les vaches. Ce taureau avait des bois sur les cornes et une chaîne dans le nez pour l’empêcher de sauter les clôtures. Tout à coup, le taureau se met à gratter avec sa patte avant, il beugle…nous prenons peur et nous courrons vers une pile de bois située derrière la maison de grand-maman. Le taureau charge et s’attaque à la pile de bois pour nous atteindre. Nous hurlons de peur…grand-maman nous a entendus et elle est accourue avec son linge à vaisselle pour faire peur au taureau. Puis mon grand-père est arrivé avec sa fourche pour l’éloigner. Je mesure le courage de ma chère grand-mère qui a affronté le taureau pour sauver ses petits-enfants. Cela s’est passé à St-Basile sur la ferme de mes grands-parents.

  3. Lison c’est incroyable le réveil de vos souvenirs à la lecture de mon récit! j’ imagine que nous avons vécus pleins de choses semblables, que c’ est agréable de lire l’ histoire de chacun!
    Merci de votre anecdote du taureau, oui la grand-mère vous a sauvés la vie, ce qu’elle était hardie, Tout ce qu’ on ferait pour nos enfants, on risquerait sa vie.Continuez de nous surprendre par vos commentaires toujours aussi cocasses…

  4. Eh bien oui , moi aussi j’ai vécu de très beaux moments chez mes grands-parents. Un été il y a 58 ans je me souviens d’un certain après-midi que mon oncle Paul Eugène (frère de maman) m’a tout simplement demandé de conduire le tracteur pour lui aider à ramasser le foin. Bien entendu, je lui ai dit oui et je n’avais aucune idée comment cet engin fonctionnait. Oui j’étais hardie de dire oui mais j’ai pris mon courage à deux mains et je me suis laissée emporter à l’excitation d’un nouveau défi . Ouf je m’en suis sortie avec honneur car j’ai rasé le fossé de très peu et mon oncle était fier de moi. La maison de mes grands-parents est pour moi aussi de très beaux moments que je trésore dans ma mémoire pour toujours.
    Bravo Lise et Pierre pour vos beaux récits

    • Ah les histoires de tracteur… je me souviens de celui de mon oncle Florent, mais je ne l’ai jamais conduit. Tout au plus je me tenais à ses côtés un peu terrifié.

      • Lorsque j’ai lu le commentaire de ma petite soeur, cela m’a fait sourire. Je retiens: les beaux moments que je trésore dans ma mémoire pour toujours.
        Il faut vous dire que ma petite soeur Gigi invente souvent des nouveaux mots et cela s’explique.
        Elle a travaillé en anglais pendant 10 ans en Californie. Ensuite, elle a travaillé aussi en anglais durant 20 ans en Floride. Donc, il y a beaucoup de mots français qu’elle a oubliés. Alors elle invente des mots pour exprimer sa pensée. Quelquefois, c’est très cocasse. Je l’encourage à écrire pour améliorer son français écrit et parlé.
        Lise-Andrée

  5. Notre cher oncle Paul venait d’avoir la ferme de son père. Il voulait la moderniser, il travaillait au ciment St-Laurent de St-Basile. Il comptait sur ses neveux et nièces pour l’aider à faire les foins. Ma petite sœur a été mise à contribution. Elle a conduit un petit tracteur rouge Massey-Ferguson. Attelé au tracteur, il y avait un quatre roues (plate-forme avec des ridelles) et un chargeur à foin. Habituellement, plus l’empattement est long plus il faut s’y prendre large. Avec notre inexpérience, nous avions tendance à tourner sec avec la conséquence que nous mettions en péril toute la charge de foin. Nous étions très jeunes et pas assez fortes pour tasser et transporter le foin avec une fourche. Nous étions assignées au tracteur…la récompense: le retour à la grange couchées sur le voyage de foin.
    Décidément, les textes de de Denise nous rappellent plein d’anecdotes…

  6. Bon matin à tous!
    On se retrouve avec tous ces souvenirs qui nous en amènent de semblables, ça fait travailler la mémoire de revivre pleins de beaux moments enfouis qui n’auraient pas la chance de revivre… Bravo! à vous tous de vous exprimer… On en a encore beaucoup à se souvenir…. et ça fait du bien… Merci à vous tous!

    • Je continue à relire votre texte.
      Je suis rendu à Forestville.
      Je viens de lire le bout sur la mort de votre grande soeur Jeannine.

      À peine quelques mois après notre arrivée, nous vivions la grande douleur de perdre notre grande sœur Jeannine, la 2e enfant de la famille. Au mois d’août à l’âge de 19 ans, elle meurt d’une courte maladie d’à peine 4 jours.

  7. Il s’agit de Paul, le frère de ma mère. Les Paul étaient populaires dans la famille. Oncle Paul, a 87 ans maintenant et il travaille la terre avec son fils Jean. Cette terre a toujours appartenu à la famille. Ils sont pionniers.

  8. A l’époque les maladies infantiles étaient fréquentes et les enfants étaient mal protégés. Cela devait être terrible de perdre un bébé, ainsi que votre grande sœur. C’est un récit très émouvant.
    L’ingéniosité des femmes et des hommes de ces temps-là étaient proverbiales et essentielles à la survie. Encore aujourd’hui, les personnes exploitant une ferme possèdent des connaissances en mécanique, en culture, en soins à donner aux animaux…Ces connaissances étaient transmises d’une génération à l’autre. Quand on vivait sur une ferme et que l’on était débrouillard, on survivait mieux aux restrictions des guerres et aux crises économiques.
    Lise-Andrée

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