Le jour du Souvenir – 11 novembre 1985

Le dernier  jour  dans la vie d’Irène, la maman  de  Michel, mon ancien  copain  de collège.

Irène

Le lendemain, le Jour du Souvenir, l’hôpital appelle pour me dire que ma mère a été transférée dans une chambre, mais qu’il s’était produit une complication depuis et que je devrais me présenter le plus tôt possible.

Je ne me rappelle rien du trajet entre mon domicile et l’hôpital… rien, sauf le fait de demander dans ma tête que l’épisode connaisse une issue, quelle qu’elle soit, le plus rapidement possible. À mon arrivée, il était évidemment trop tard. Mon voeu avait été exaucé, en quelque sorte. J’ai décliné l’invitation de me recueillir une dernière fois auprès de ma mère d’abord parce que je ne m’en sentais pas la force et ensuite parce que je voulais garder dans ma tête l’image sereine et souriante de quelqu’un que j’aimais beaucoup et qui m’avait aimé, encouragé et accompagné chaque jour durant les 36 premières années de ma vie.

Un pan énorme de mon existence venait de s’écrouler mais, tout orphelin que j’étais devenu et une fois le choc initial passé, j’étais surtout heureux que ma mère ne souffre plus là où elle était.

Trente ans plus tard, il ne se passe guère une semaine sans que je pense à elle, ne serait-ce que quelques secondes chaque fois. On dit que le temps efface les peines. C’est exact, mais il serait sans doute plus exact de dire qu’il les estompe. Le fond reste.

monument Germain Hotte modifié

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5 réflexions sur “Le jour du Souvenir – 11 novembre 1985

  1. 30 ans déjà! ou 30 ans déjà?

    Je ne sais pas. Le temps a déjà fait son oeuvre et continue de faire son oeuvre.

    Quelques ‘anecdotes’ avant de tourner la page…

    Il y a 30 ans et des poussières, je me revois, quasi seul dans cette immense cathédrale (j’avais demandé à la parenté et à mes amis de respecter mon intimité), perdu dans mes pensées, assister à cette messe funèbre ayant pour célébrant quelqu’un qui ne connaissait ma mère ni d’Ève ni d’Adam (on excusera l’allusion biblique) et qui l’appelait Madame St-Germain à qui mieux mieux, noyé que j’étais par l’écho de paroles que j’entendais à peine dans la solitude de ce vaste lieu de culte presque désert…

    Quelques jours plus tard, le 15, le jour de son anniversaire, je suis allé répandre ses cendres dans cette nature qu’elle avait toujours aimée.

    Merci pour le souvenir, Pierre. Merci d’avoir fait connaître celle qui m’a donné le jour à ta petite communauté.

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