Qui se souvient de l’hiver 1946-1947 à Québec?

J’aimerais vous raconter une histoire que m’a contée mon père sur cet hiver particulier. Tout d’abord des éléments de contexte. Les moyens pour écarter la neige des chemins n’étaient pas ceux d’aujourd’hui. Cet hiver-là, il avait neigé et poudré abondamment pendant 2 jours, il avait tellement neigé que la neige s’était accumulée jusqu’aux poteaux électriques. On plaçait des sapins sur les autobus pour les identifier.

Mes parents demeuraient à St-Rodrigue au pied la Côte du Roi. Les habitations étaient peu nombreuses à cette époque. Les terres de notre laitier Monsieur Renaud voisinaient notre logement. La poudrerie était intense et bloquait facilement les chemins. Suite à cette tempête, et après 1 semaine sans que les chemins soient débloqués, les vivres et l’huile à chauffage vinrent à manquer. Ma petite sœur née en août 1946 avait quelques mois. Mon frère né en août 1944 avait 2 ans et demi et moi-même née en août 1943 avait trois ans et demi.

Tout moyen de transport étant impossible, mes parents n’eurent pas eu d’autres choix que de partir à pied pour la ville de Québec afin d’atteindre la rue de la Reine où résidait ma grand-mère paternelle.

Je me souviens que mes parents nous ont installés dans un traîneau blanc que l’on pousse. Ce traîneau était monté sur des patins à neige. Les côtés sont assez hauts. On m’a assise devant mon frère et le bébé fut placé sur un coussin entre nos jambes. Mon père et ma mère devaient emporter les vêtements du bébé et des autres membres de la famille. Ils devaient porter ces bagages sur leurs épaules, car il n’y avait plus de place dans le traîneau.

Alors se déroule pour eux, une longue marche épuisante à travers les bancs de neige. Quelques heures plus tard, nous arrivons chez ma grand-mère. Le bébé est aussitôt placé dans un panier d’osier derrière l’ouverture dans le mur qui donne sur le poêle. Grand-mère nous accueille avec une bonne soupe chaude. Nous resterons chez notre grand-mère quelques jours, le temps que tout redevienne normal. Même si je me souviens très bien de ce voyage, je n’ai à aucun moment souffert de quoi que ce soit. Mes parents ont bien pris soin de nous. Pendant longtemps, mon père et ma mère évoquèrent cette aventure.

sleigh

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